Myriam Chirousse « Miel et vin » et bien d’autres choses…

28 juin 2010

« Miel et vin » est sans conteste l’un des plus beaux romans que j’ai lus ces dernières années. Un de ceux qui vous transportent dans un autre univers, que vous ne pouvez plus lâcher et qu’en même temps, vous savourez, vous dégustez, page après page. Myriam Chirousse a un talent rare, une plume à la fois précise et légère. Myriam, c’est aussi une charmante auteure que j’ai eu la chance de rencontrer au Salon du livre de Paris et avec qui j’adore échanger. Nous avons quelques points communs que vous découvrirez en lisant cette petite interview…

Léa : Ton envie de devenir écrivain… Elle vient d’où, ça remonte à quand ?

Je ne crois pas que j’ai eu envie de « devenir écrivain ». Je veux dire que je n’ai pas envisagé l’écriture comme un métier, une position sociale à atteindre. Un jour, je ne sais plus quand, je me suis mise à écrire et voilà : c’était là. Ça a toujours été une pratique plutôt qu’un désir à réaliser. Je ne me souviens pas de moi en train de ne pas inventer des histoires et des personnages. Ce besoin de raconter est apparu très tôt, dans l’enfance. Je crois qu’il vient d’une incompréhension profonde du monde qui m’entourait. Pour apprivoiser la vie, les enfants ont besoin de jouer, en laissant libre cours à leur imagination. Chez moi, ce jeu de l’imagination s’est mis à utiliser les mots, les phrases… L’écriture est une incroyable salle de jeu ! Vous avez tout, vous pouvez tout construire, et surtout des univers où vos émotions trouvent refuge. C’est vital. Ça permet de respirer là où il n’y avait pas d’air. Je crois que je n’aurais pas pu grandir sans écrire.

Léa : As-tu une méthode particulière pour écrire ? Tes petits trucs d’écrivains

Une méthode, non… Mais voici quelques idées qui me guident et que j’essaie d’appliquer :

1) Travailler, travailler, travailler… Mettre une phrase après l’autre, comme les pieds pour marcher : c’est le meilleur moyen d’avancer.
2) Se souvenir que l’écriture m’est vitale : même lorsque je ne peux lui consacrer qu’une heure par semaine, être bien consciente que cette heure constitue le cœur de ma vie.
3) « Écrire vrai » ou « écrire juste » (comme on chante juste). C’est-à-dire écouter attentivement la voix du roman en soi pour la restituer le plus fidèlement possible sur le papier.
4) Ne pas comparer ce que l’on écrit à ce qu’ont écrit les autres, ou ce que l’on a écrit soi-même avant. Ne pas juger ce que l’on est en train de créer… tout en restant très exigeante, attention ! Garcia Marquez a dit que la qualité d’un écrivain ne se mesure pas à ce qu’il publie, mais à ce qu’il jette dans sa corbeille.
5) Et puis… écrire comme on prépare un petit dîner pour des amis : « avec amour » et en cherchant la saveur !

Léa : Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta pour trouver un éditeur ?

Je me le suis épargné ! J’ai un contrat avec un agent littéraire, Virginia Lopez-Ballesteros. C’est son métier de dénicher le bon éditeur en fonction du livre, de cibler les envois, de jauger les propositions de réécriture, de lire à la loupe les contrats… Pour Miel et vin, elle a fait une demi-douzaine d’envois et, dans le lot, il y avait Buchet Chastel, tout de suite très emballé. Virginia a donc mis quelques mois là où j’aurais mis dix ans ! Mais il faut malgré tout une sacrée dose de patience et de détachement : la confrontation avec le monde éditorial est toujours éprouvante quand on débute.

Léa : Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France…

En France comme ailleurs, il n’y a que très peu d’écrivains qui vivent exclusivement de leur plume. Il faut vraiment avoir de très grosses ventes… ou de très petits besoins ! Toutefois, à côté de ses droits d’auteur, un écrivain peut arrondir ses fins de mois grâce à d’autres activités liées au monde des lettres : donner des conférences, faire des ateliers d’écriture, écrire un article de temps à autre, etc. Sans parler des bourses et des aides auxquelles on peut postuler. Je crois que la France est un pays où il y a quand même un certain budget, public ou privé, pour la vie littéraire.

Mais, au-delà de la question de la possibilité, je me demande souvent si c’est souhaitable de ne vivre que de sa plume. Si le fait de pouvoir payer ma facture d’électricité ou le crédit de ma maison reposait exclusivement sur le prochain livre que je vais écrire, j’y perdrais forcément de la liberté au moment d’écrire. L’instinct de survie se mettrait en marche et, même inconsciemment, je me sentirais alors obligée de « produire » un manuscrit dans certains délais, que le texte soit bon ou pas. Je me demande si ce ne serait pas courir à l’échec… ou au désenchantement, ce qui serait encore pire ! Non, non, quand j’imagine la possibilité de ne vivre que de ma plume, ça me fait plutôt stresser que rêver ! Pour payer mes factures, je suis heureuse d’avoir mon métier de traductrice.

Léa : Ton actu, peux-tu nous parler de ton dernier livre ?

Mon premier roman, Miel est vin, est sorti l’année dernière chez Buchet Chastel. Il a bien marché, a reçu de très chouettes critiques et s’est retrouvé 3ème finaliste du Prix des Libraires 2010. Il paraîtra au Livre de Poche l’année prochaine.
Par ailleurs, je viens d’achever un court roman pour adolescents qui s’intitule Cantique des Elfes, mais je n’ai pas encore de date de publication. Enfin, je suis d’ores et déjà en train de travailler au troisième, une histoire de pirates qui cherchent l’El Dorado et tombent dans la mer des Sargasses…

Léa : Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?

Avoir des ailes ! Très grandes, mais repliables à volonté, pour pouvoir m’envoler chaque fois que j’en ai envie.

Myriam Chirousse, Miel et vin Buchet Chastel, 2009

Le blog de Myriam Chirousse

Le site de notre agent littéraire

Le site de son éditeur Buchet Chastel


Martine Pagès : de Céanothes et Potentilles au guide de la défume…

21 juin 2010

J’ai aujourd’hui la joie de recevoir Martine Pagès. Une sensibilité à fleur de peau, un dynamisme et un enthousiasme à toute épreuve, une très jolie voix littéraire… Une actu riche puisqu’elle publie deux livres cette année : « Céanothes et Potentilles » aux éditions Volpilère et « mon guide de la défume » aux éditions Guy Tredaniel.

Léa : Ton envie de devenir écrivain… Elle vient d’où, ça remonte à quand ?

Un chien écrasé sous mes yeux. Les cris de sa petite maman, dix ans. Les murs de ma ville placardés par mes soins, j’avais tapé le récit, outrée par le comportement du conducteur qui avait pris la fuite. La mairie m’appelle, me propose un concours local. J’ai 30 ans. Je joue la carte de la « nouvelle ». Piètre texte à mes yeux. Mais tout le monde l’aime. J’écoute les conseils, je ne lâche plus ma plume. Plus jamais.

Léa : As-tu une méthode particulière pour écrire ? Tes petits trucs d’écrivain…

Eh bien, je n’en ai aucun. Euh, pardon, si… mais je les garde jalousement !

Léa : Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta pour trouver un éditeur ?

Oh là là, c’est assez particulier. Bon, eh bien, comme tout le monde, au départ, j’ai dépensé une petite fortune en reliures, encres, envois, etc. Puis deux concours littéraires remportés (PPDA 2007 et Volpilière 2008) ont donné du poids, de la crédibilité à mon profil. En fait, mon premier roman est une commande de l’éditrice de la maison Volpilière. Mon texte « Léa, ma vie », avait été retenu pour être publié dans le recueil « Un parfum d’enfance », suite au concours. Elisabeth Robert-Mozzanini avait été si séduite par mes écrits qu’elle m’avait demandé un roman court. « Céanothes et Potentilles » naissait. Je dois une fière chandelle à Élisabeth qui m’a fait une confiance aveugle. Je prédis une longue vie à Volpilière, qui sait aussi prendre soin comme personne de ses auteurs. Qu’elle lise ici mille mercis ! Idem pour mon fidèle ami et acteur, Philippe Leroy-Beaulieu, qui a signé une chanson, un poème magnifique, en première page…
Pratiquement dans le même temps, la journaliste scientifique et amie, Laure Pouliquen, présentait avec détermination mon ouvrage sur le sevrage tabagique aux éditions Guy Tredaniel. J’avoue que deux livres sortis la même année, c’est vraiment formidable… et c’était inespéré…

Léa :  Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France…

C’est une question à laquelle je répondrai en son temps, en avril 2011, quand les droits me seront versés. Non, ce n’est pas tabou et c’est important d’en parler. On est en pleine crise, je suis la première à prier pour que mes livres se vendent. Je trouverais très démago de lire des propos sur « l’Art », le « don de soi », sans un mot sur la façon dont on en vit, ou pas. Je suis d’ailleurs obligée, dans cette attente, d’être salariée dans une société et d’y remplir des tâches qui me permettent de percevoir un revenu régulier. Mon activité de photographe ne suffit pas non plus à m’assurer un train de vie correct. Cessons de nous voiler la face. Au même titre, si les droits perçus dans un an sont conséquents, je serai ravie d’annoncer la couleur. Histoire de passer un message encourageant ! ;)

Léa : Ton actu, peux-tu nous parler de la sortie de ton dernier livre
?

« Mon guide de la défume » se porte plutôt bien. Il s’agit d’une sortie assez fulgurante, l’ouvrage étant disponible chez les blockbusters et édité chez Tredaniel éditions dont la réputation n’est plus à faire. Laure Pouliquen a rédigé la préface, un bijou. J’ai de nombreux retours. Il est né en avril, c’est un peu tôt pour avoir du recul, mais je n’ai eu aucun retour négatif.

Léa : Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?

Rattraper le temps perdu, dire à mon papa, de son vivant: « Je t’aime ». Mon plus grand raté…

Les livres de Martine Pagès :
- « Un parfum d’enfance », éditions Volpilère (recueil collectif) mon texte: « Léa, ma vie » 2008
- « Céanothes et Potentilles », éditions Volpilière 2010
- « Mon guide de la défume », éditions Guy Tredaniel 2010

Pour en savoir plus…

Le site de Martine Pagès: http://mondossierdepresse.free.fr/
Son blog: http://pagesma.typepad.com/blog/


Entretien avec Emmanuel Parmentier, « Mon frère »…

14 juin 2010

C’est aujourd’hui Emmanuel Parmentier qui se prête au jeu de la petite interview. Emmanuel est un jeune écrivain très prolixe que j’ai rencontré via Facebook. Un vrai passionné, ça se sent tout de suite… qui écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Un auteur attachant et très sympathique, ce qui ne gâche rien !

Léa : Ton envie de devenir écrivain… Elle vient d’où, ça remonte à quand ?

Emmanuel Parmentier : J’ai toujours aimé lire. Depuis tout petit… Un jour, j’ai franchi la barrière, tout simplement. Et tout naturellement… Le goût de la lecture m’a donné à mon tour envie d’écrire.

Léa : As-tu une méthode particulière pour écrire ? Tes petits trucs d’écrivain…

Je prends des notes partout. Dans la rue, dans le train, dans les endroits les plus improbables… Mais pour écrire, j’ai besoin de calme et d’isolement.

Concernant l’écriture proprement dite, je n’aime pas les recettes « toutes faites », j’ai besoin de me « mettre en danger ». J’essaie d’aborder l’écriture de chacun de mes livres différemment.

Léa : Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta pour trouver un éditeur ?

J’ai mis environ six ans à trouver un éditeur. J’entends par là un « vrai » éditeur, qui croit en votre livre, en votre travail, et qui assume comme il se doit tous les coûts.

J’ai reçu des dizaines et des dizaines de lettres de refus, et au moment où je n’y croyais vraiment plus, eh bien, un de mes manuscrits a été accepté…

Léa : Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France…

Je ne connais pas beaucoup d’auteurs qui vivent de leur écriture. Un auteur ne gagne pas grand-chose sur un livre, 8-10 % du prix hors taxe en moyenne, et il suffit de faire le calcul… Ça représente déjà un paquet de livres pour se faire un salaire.

Personnellement, je commence à bien vendre pour un « jeune » auteur. Mais de là à en vivre…

Léa : Ton actu, peux-tu nous parler de la sortie de ton dernier livre ?

Mon dernier livre, qui vient juste de paraître, est un roman ado-adulte, Mon frère. L’histoire d’un ado qui perd son grand frère dans un accident de voiture et qui va devoir faire face… Un roman qui parle de la mort, mais paradoxalement plein de vie, plein d’entrain… Un roman où il est aussi beaucoup question de cinéma. Mais je n’en dirai pas plus…

Léa : Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?

Le mot « guerre » aurait disparu du dictionnaire.

Les livres d’Emmanuel Parmentier :

-       Solitudes (nouvelles, éditions Les Nouveaux Auteurs, 2008)

-       Mon copain Antoine (roman jeunesse, éditions Edilivre Aparis, 2008)

-       C’est quoi un bon livre ? (album jeunesse, éditions Grrr…Art, 2009)

-       Eclairs de lune (poésie, éditions Edilivre Aparis, 2010)

-       Mon frère (roman, éditions Grrr…Art, 2010)

Pour an savoir plus, retrouvez-le sur son blog :

http://emmanuelparmentier.blogspot.com


Florence Dell’aiera Morey : jeune auteure cherche éditeur

19 février 2010

Depuis un petit moment déjà, je m’intéresse au parcours de jeunes auteurs : comment ont-ils réussi à se faire éditer, ce qui les motive, leurs petits trucs d’écrivains…
Grâce à ce blog, j’ai fait de très belles rencontres. Des gens passionnés par l’écriture et qui partagent ce rêve de devenir écrivain. Florence Dell’aiera Morey en fait partie. Florence, c’est un peu une copine de galère avec qui on échange et partage nos petits trucs sur le monde de l’édition. On se soutient, on se remonte le moral en se disant qu’un jour c’est sûr, on y arrivera !
Elle me fait aujourd’hui un grand plaisir en se prêtant au jeu d’une petite interview…

Léa : Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir écrivain ? Te souviens-tu d’un élément déclencheur précis ou as-tu toujours eu ce désir en toi ?

Florence : Plusieurs choses ! Dans le désordre : mon mari, que j’ai poussé à écrire. Mes traumas de l’enfance, dont j’aimerais témoigner, mais les romans commencés à l’adolescence sont encore au fond d’un tiroir.  Mon premier enfant, qui m’a fait comprendre que je n’étais pas le centre du monde ! Du coup, j’ai laissé mes rêves de scène et de cinéma. J’ai écrit des scénarios de courts et un long métrage (qui ont rejoint les précédents au fond du tiroir) et j’ai participé à des concours de nouvelles avec mon mari Michaël Morey… Pour résumer, je dirais que j’ai toujours eu ce besoin d’écrire et dès le départ, ce fut dans un contexte de réalisme mêlé à du fantastique.

Léa : Comme tu es décidément mon double, tu as aussi décidé de faire une pause dans ta carrière pour te consacrer à l’écriture et réaliser ton rêve (oui, on est folllllllles à lier !). Comment le vis-tu aujourd’hui ?

C’est à mon mari qu’il faudrait poser cette question ! Il travaille la nuit et écrit le jour. Il m’a donc dans les pattes maintenant ! Ce n’est pas simple de se retrouver en permanence chez soi du jour au lendemain et de s’astreindre à un travail quotidien. Mais en se fixant des dates butoirs, en se donnant des objectifs à atteindre (notamment avec des concours de roman), j’y arrive. À mon plus grand étonnement d’ailleurs.

Je n’ai pas le temps de m’ennuyer, car j’écris mes propres romans et je participe à ceux de Michaël. Je m’occupe aussi de toute la partie communication et démarche commerciale, c’est-à-dire la recherche d’éditeur, pour lui et pour moi.

Léa : As-tu une méthode particulière pour écrire ? Plan, notes ou au fil de tes pensées… Régulièrement ou uniquement lorsque tu sens l’inspiration ?

Il y a deux choses : l’inspiration, les idées. Je les ai en permanence ! J’en ai bien pour quinze ans !
Et puis, il y a la construction (ce qui comprend tout le reste ! Et l’écriture à proprement parler) avec la psychologie des personnages, les lieux, la réflexion sur l’intrigue et comment faire en sorte qu’elle fonctionne le mieux possible.

J’ai une façon de travailler qui est très « scénaristique » (pour les scenarii, je fonctionnais sous forme de fiches). Ce peut être à double tranchant, car la forme très structurée dont j’ai besoin (sinon je partirai dans tous les sens alors que je dois gérer plusieurs personnages, intrigue et sous-intrigue… ) m’enchaîne aussi ! Mais pour moi, un roman (souvent de plus de 400 pages) est une partition de musique. Il y a la portée, les notes et la composition que l’on crée en assemblant le tout : une symphonie, un opéra, une fantaisie… Personnellement, j’estime écrire des œuvres populaires. Je me laisse emporter par les personnages, la « musique » de l’histoire, bien sûr, mais sans jamais oublier mes plans que je restructure lorsqu’il le faut.

Léa : Peux-tu nous parler du roman que tu es en train d’écrire ?

Il s’agit de Catharsis. La saga de Zaphir & Salomé dont les vies se trouvent transformées du jour au lendemain à cause du plus cruel des inquisiteurs ayant vécu au Moyen-Age : Robert le Bougre. Sous couvert de récit fantastique et d’actions, l’histoire parle de la transformation chez l’adolescent et le jeune adulte, de la recherche de soi, de son identité. Tout individu a d’abord été un enfant et un adolescent, et ce n’est pas parce qu’un jour la société le reconnaît comme adulte qu’il ne se pose plus de questions ou qu’il a oublié celles qu’il s’est posées alors !

Tout nous ramène toujours à notre histoire familiale, à nos ancêtres, à nos traumas et à la façon que l’on a d’y répondre. Le titre de ce roman est donc un jeu de mot entre cathare (pour la partie touchant au personnage de Cyrielle, jeune cathare brûlée vive pour ses croyances, ce qui, je trouve, est toujours d’actualité) et  la « catharsis », la transformation. Chacun des personnages du livre est voué à se transformer, que cela soit en fantôme, en immortel ou en passant de l’état adolescent à celui d’adulte. C’est ce que j’aimerai explorer au fil de leurs aventures ésotérico-fantastiques.

Léa : Tu as une autre petite “particularité”, ou plutôt vous… Ton mari, Michaël Morey partage la même passion et écrit lui-même des romans. Comment ça se passe à la maison ? Chacun relit le manuscrit de l’autre ? Vous travaillez ensemble ?

Comme tu l’as compris en lisant les premières réponses, je ne peux pas parler d’écriture sans parler de Michaël ! Nous avons la même passion. Nous avons évolué avec l’écriture dans notre couple. Nous avons tenu bon et depuis quinze ans nous écrivons ensemble et depuis peu, chacun de notre côté. Nous n’avons pas la même façon d’appréhender l’écriture. Michaël est bien plus libre que moi. Nos idées, nos thèmes nous rapprochent. Mais une fois passée la phase de recherche, la phase d’écriture est différente. Michaël écrit chaque jour de manière linéaire. Pour ma part, je travaille tout en amont en fonction de mes personnages et des grilles. Je fais très attention au rythme, c’est pour cela que je travaille sur les romans de Michaël. Pour le moment du moins.

Léa : Tu es en quête d’un gentil éditeur. Tu peux nous raconter comment tu t’y prends ? Comment tu les cibles…

Attention, cela risque d’être long ! Je regarde tout d’abord en librairie, en bibliothèque, sur les sites de vente… quels sont les auteurs publiés dans un genre similaire au nôtre et chez quel éditeur ils sont édités. Je créer un fichier par éditeur sur lequel se trouve tous les renseignements glanés sur Internet. Les plus importants étant les mails des directeurs éditoriaux ou de leur assistant (voire stagiaire si j’y arrive) au service manuscrit. J’envoie par mail une présentation avec photo et résumé du livre afin d’accrocher mon interlocuteur et de lui envoyer le manuscrit en son nom propre. Lorsque j’envoie le manuscrit, je réitère en joignant une lettre d’accompagnement avec photo et tout ce qui peut me mettre en valeur ainsi que le manuscrit.  Mon but est de marquer ma différence et de sortir du lot, comme le ferait un agent littéraire pour son auteur. Il doit le placer. Je dois donc faire de même avec Michaël et moi ! Je fonctionne toujours du plus gros au plus petit (sauf que je ne suis encore jamais passé ni à l’éditeur moyen ni au petit puisque dès le premier envoi nous avons été appelés par les éditions Albin Michel et qu’ensuite je n’ai pas pu démarcher comme je le souhaitais pour des raisons personnelles et professionnelles).

Léa : On dit que vivre de l’écriture en France est mission impossible. Tu en penses quoi, toi ?

Je pense qu’effectivement, il ne faut pas se leurrer, nous sommes dans un pays ou les auteurs (sans qui il n’y aurait pas de livres) sont les derniers maillons de la chaîne, ce qui est assez paradoxal ! Il faut donc avoir un ou plusieurs boulots à côté de l’écriture pour la plupart d’entre nous…
Mais je suis une rêveuse ! Je vis aussi sur mes rêves et il paraît qu’il font avancer !
Je pense donc qu’il est possible de vivre un jour de cette passion et que les aventures de nos héros plaisent au plus grand nombre de lecteurs. En terme de vente (parce que c’est bien de cela qu’il s’agit), cela veut dire que ça peut exploser !
Pourquoi Michaël et moi ne serions-nous pas les futurs Werber, Chattam, Loevenbruck ou Levy ? Quand on veut, on peut. Voilà ce que je pense. Ensuite, cela appartient aux Dieux… et aux lecteurs !

Léa : Tu l’imagines comment ta future vie d’écrivain ?

Je ne l’imagine pas souvent ! Mais lorsque je le fais, toute seule dans mon coin, j’entraperçois ce que vivent les auteurs cités plus haut ! En vérité, je ne sais rien de leur vie, si ce n’est qu’ils sont lus. Donc j’espère que nous serons lus à notre tour. Le monde appartient peut-être à ceux qui se lèvent tôt, mais il appartient aussi et surtout à ceux qui croient en eux ! Il n’y a rien de présomptueux à cela. Je crois en moi et en Michaël. Cela me motive pour écrire chaque jour. Je peux enfin le faire sans me cacher, sans être frustrée à cause d’un travail alimentaire, je ne vais pas me priver.

Léa : Enfin, si je te prête ma baguette magique, qu’en feras-tu ?

Je multiplierai les ventes des livres de Michaël afin qu’il puisse laisser son travail alimentaire pour pouvoir se consacrer exclusivement à l’écriture et ne plus le voir partir le soir pour travailler dans le froid de l’hiver.

Pour découvrir l’univers de Florence Dell’aiera Morey, rendez-vous sur son blog
Merci de nous avoir fait entrer dans ton petit monde. On te souhaite de trouver très vite un éditeur, une belle rencontre avec les lecteurs et tout le succès qui va avec…


Nouveau talent : entretien avec Caroline Vermalle

18 janvier 2010

Caroline Vermalle est l’auteur du roman « L’Avant-dernière chance » (ed. Calmann-Lévy). Elle a remporté la deuxième édition du prix Nouveau Talent 2009 Fondation Bouygues Telecom / Metro.
Un prix dont la particularité est de récompenser un premier roman qui intègre le langage SMS et des messageries instantanées à la structure narrative du récit.

Attention, ce n’est pas un roman écrit en langage incompréhensible, loin de là !
Je l’ai lu, trouvé beau, doux, bien écrit et avec une dose de SMS utilisée à bon escient !
Elle me fait aujourd’hui l’honneur de répondre à quelques questions sur son parcours.

Léa : Quand vous êtes-vous dit que vous aimeriez devenir écrivain ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?
A 9 ans je me souviens avoir écrit un thriller passionnant dans le style d’Agatha Christie, qui devait bien faire au moins… une page ! Quelques étapes-clé comme le séminaire de dramaturgie de Robert McKee et de longues années à écrire pour la télévision britannique. Et bien entendu la découverte du concours de roman à l’initiative de la Fondation Bouygues Telecom.

Léa : Qu’est-ce qui vous a poussé à participer à ce concours ? Ecrire un roman pour un concours, c’était assez risqué, non ? Vous aviez songé à un plan B ? En tout cas, bravo, le risque a payé !
J’ai écrit “L’avant-dernière chance” spécifiquement pour le concours/Prix Nouveau Talent. C’était un défi, je voulais d’abord me prouver que j’étais capable d’écrire un roman. Etre écrivain demande un apprentissage long et rigoureux – j’étais donc à des années lumière d’imaginer que ce premier essai aurait le succès qu’il a finalement eu !

Léa : Vous pouvez nous raconter ce que vous avez ressenti à l’annonce des résultats ?
Une très grande surprise, un bonheur jubilatoire et une profonde anxiété, dans cet ordre. Le tout arrosé d’une quantité indécente de champagne.

Léa : Comment vit-on cette nouvelle vie ? La promotion, les dédicaces, la rencontre avec ses lecteurs ?
On vit la promotion d’un premier roman à peu près comme on surfe un tsunami. Les premiers mois ont été ennivrants et fous et riches et extraordinairement bruyants. Puis petit à petit tout redevient calme. Aujourd’hui c’est juste moi devant mon écran…

Je continue, en revanche, les séances de dédicace – c’est la cerise sur le gâteau. “L’avant-dernière chance” délie les langues – peut-être parce que l’histoire parle de relations grands-parents/petits-enfants ou peut-être juste parce qu’il est optimiste en ces temps de crise, qui sait. Quelques rendez-vous sont déjà pris pour 2010 : un café littéraire le 20 mars à Vendôme et le Salon du Livre à Châteauroux en avril. J’ai hâte !

Léa : Avez-vous une méthode particulière pour écrire, des petits trucs d’écrivain ?
De la rigueur dans la structure narrative. Beaucoup de recherche dans les sujets abordés pour éviter les clichés. Et le travail effectué entre 5h et 8h du matin est incontestablement le meilleur. Je le sais bien… encore faut-il pouvoir se lever ☺

Léa : Vos projets pour la suite ? Un second volet ? Je ne peux pas m’empêcher de vous demander si vous allez conserver une part de langage SMS ou si la page est tournée ?
Pour les SMS, la page est effectivement tournée. Mais certains personnages de “L’avant-dernière chance” n’ont pas tout révélé, alors ils réapparaîtront dans “Le Vent se Lève Tard”. Je peaufine encore mon manuscrit. Il y a également sur mon bureau le scénario d’une bande dessinée, des notes pour un 3ème roman, ainsi qu’une nouvelle à moitié finie.

Léa : Si on parle ventes et gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France ?
Question en effet délicate. Prenez le cas de “L’avant-dernière chance”. Il est publié chez Calmann-Levy et lauréat d’un prix littéraire. Les critiques sont excellentes, que ce soit sur les blogs de lecture ou sur France Culture. Il a fait également l’objet de deux autres éditions, une à gros caractères (chez les éditions A Vue d’Oeil) et une autre, à venir été 2010, en Allemagne. Bref, “L’avant-dernière chance” marche. Suis-je heureuse ? Je suis comblée ! Suis-je riche ? J’en suis très, très, très loin… Rendez-vous dans 10 ans et je pourrai peut-être vous dire si on peut vivre de la littérature !

Léa : Vous consacrez-vous uniquement à l’écriture ou exercez-vous un autre métier en parallèle ?
J’écris à plein temps mais ma “vraie” carrière est dans les documentaires TV – métier que j’ai exercé 8 ans à la BBC à Londres. Je travaille donc actuellement en tant qu’auteur et script-doctor sur des documentaires français.

Léa : Enfin, si vous deviez vous réveiller demain matin et que votre plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?
L’assurance que je pourrai garder pour le restant de mes jours ce que je possède aujourd’hui.

Merci Caroline !
Envie d’en savoir plus et de lire L’avant-dernière chance ?

http://www.amazon.fr/Lavant-dernière-chance-Caroline-Vermalle/dp/270213999X


C’est au pied du mur qu’on mange des merles : rencontre avec Luc Doyelle

18 décembre 2009

Auteur des « liaisons presque dangereuses« , son nouveau roman « C’est au pied du mur qu’on mange des merles«  sort aujourd’hui !
Luc m’a fait le plaisir de répondre à quelques questions, à sa façon, toujours avec humour… Tout ce que j’aime, quoi !

Léa : Quel a été l’élément déclencheur, ce qui t’a poussé à écrire un premier roman ?

Tout a commencé un soir de brume, alors que je cherchais un raccourci que jamais je ne trouvai. J’avais entrepris l’ascension de l’Annapurna par la face nord des grandes Jorasses, accompagné d’un sherpa pas cher. Arrivé au sommet, je m’écriai : « Je serai écrivain, ou rien ! ». Comme je mets un point d’honneur à accomplir mes propres prophéties, et que je n’aspirais pas à m’engager vers le néant, il ne me restait qu’une solution : écrire.

Léa: As-tu une méthode particulière pour écrire ? Tes petits trucs d’écrivain…


Je fais trois fois le tour de mon jardin à cloche-pied, puis j’ouvre une page Word (c’est une étape obligatoire = pas moyen de trouver un stylo qui fonctionne, dans cette satané baraque !). Je vide mon esprit, et je me place en mode « écriture automatique ».
A chaque page noircie, je joue « La dispute d’Amélie Poulain » au piano. Ensuite, je reçois la visite des flics qui viennent constater le tapage nocture (ou diurne, car j’écris aussi dans la journée).

Un plan précis ? J’ai oublié ce qu’était un plan depuis le bac philo.
J’écris parfois 15 pages par jour, puis je laisse décanter pendant des mois, tandis que l’histoire continue à se construire dans ma tête…

Léa : Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta de l’édition ?

Après avoir écrit mon premier roman, je me suis écrié, du haut de la tour Montparnasse : « Ce sera Albin Michel, ou rien ! »
J’ai donc pris rendez-vous avec Albin Michel, au Fouquet’s, un mardi du mois de novembre à midi, mais curieusement, il n’est pas venu. Je me suis consolé en dévorant une salade de raviolis à la langoustine.
J’ai procédé de la même manière avec tous les grands éditeurs. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai même tenté le coup auprès d’Edith Cresson, Edith Piaf, sans résultat.
Je me suis dit alors qu’il me fallait une couverture médiatique. Je me suis inscrit à « Des chiffres et des lettres » et à « Questions pour un champion », où j’ai gagné une encyclopédie sur les Papous.
J’ai été recalé à « Fort Boyard », parce que j’avais les pieds plats, et aussi parce que j’avais tiré la barbe du père Fouras, parce que j’avais un doute sur son authenticité.

Léa : Petits et grands éditeurs : ça évoque quoi pour toi ? Quelles différences ?

Un grand éditeur, c’est un type bourré aux as, qui peut diffuser sur RTL une pub pour un roman calibré, programmé pour cartonner au box office.
Un petit éditeur, c’est un autre type qui risque sa vie à chaque instant pour faire connaître un auteur qu’il a aimé (pas d’amour tendre. Juste professionnellement parlant).

Léa : Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France ?

Oui, on peut en vivre, si on est expert comptable, mais c’est rébarbatif. Vivre en écrivant des romans ? Oui, je crois qu’on peut aussi, tout comme on peut ressusciter après avoir été cloué sur une croix, ou comme on peut ouvrir la Mer Rouge en deux pour laisser passer ses copains en revenant d’une croisière sur le Nil.

Léa : Ton actu, peux-tu nous parler de la sortie de ton dernier livre ?

Oui, il sort aujourd’hui ! (le 18 décembre 2009, pour ceux qui liront cet article dans six mois). Son titre ? « C’est au pied du mur qu’on mange des merles ».
C’est mon deuxième roman. Le premier a rencontré un accueil chaleureux (incandescent, devrais-je préciser). Ce nouvel opus, disponible sur le marché du même nom, n’est pas une suite, mais il reprend les personnages (attachants, précisons le) que mes lecteurs ont tant aimés (ce sont eux qui le prétendent !).

Un petit pitch ? D’accord, à la demande générale.
Lucius (le héros) découvre que les placards de sa maison sont pourvus d’une fonction non prévue dans les plans initiaux de l’architecte. Au point de bouleverser des pans entiers de son existence. Lucius se verra dans l’obligation de faire des choix… cornéliens.

Léa : Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?
J’aimerais que Benoit XVI se réveille dans la peau d’un aborigène bouddhiste, qu’il reconnaisse que Jésus a certes marché sur l’eau, mais c’était en plein hiver et il avait des patins à glace.

Pour en savoir plus ou commander « c’est au pied du mur qu’on mange des merles « , rendez vous sur le site de Laura Mare Editions


Laurent Boyet : un roman beau à en mourir

15 décembre 2009

Une fois n’est pas coutume, je vous conseille un livre à mettre sous votre sapin.
Le nouveau roman de Laurent Boyet « Perpignan, mon amour »…
Une belle surprise dans un genre où on ne l’attendait pas et un roman qui, à coup sûr, fera parler de lui !

Toi, une jeune femme de vingt ans, doit déjà affronter l’idée de sa mort qu’elle sait si proche. Ultime contretemps, elle rencontre Moi, un jeune homme un peu plus âgé qu’elle. Tous deux découvrent ensemble la signification du mot aimer…
Toi hésite entre le désir de vivre cette passion et le choix légitime de la solitude.
Moi, devine l’existence d’un lourd secret et voudrait accompagner la femme qu’il aime.
Depuis «Perpignan, mon amour…» jusqu’à Barcelone se poursuit ce voyage intime entre une femme et un homme, l’un comme l’autre impuissants face aux incohérences de la mort.

Alors, conseil de Léa, courrez l’acheter en exclusivité sur le site de l’éditeur !!!!


Romancière profession à hauts risques

23 septembre 2009

Demain, c’est le jour des poubelles bleues. Ben oui, vous ne faites pas le tri sélectif, vous ?
Je feuillette donc ma pile de magazines avant de les jeter et je tombe sur un « Marie France « de 2006 (oui, mon tri laisse parfois à désirer…).
romanciere_risques
Je redécouvre donc 3 ans après, un dossier fort intéressant de Marie-Sophie Boivin : « Romancière: profession à risques ».
Vous vous souvenez de « Misery », le roman de Stephen King où un auteur est martyrisé par sa plus fervente admiratrice ?
Ben, ça existe aussi dans la vraie vie ! Et ça fait peur !

Elles racontent…

A la sortie de son premier roman, « Truismes », Marie Darrieussecq a reçu une montagne de lettres. Jusque-là, rien d’anormal quand on vend plus d’un million d’exemplaires (mes respects !).
La plupart anonymes (ben oui, fêlés mais pas fous !), et c’est là que ça se gâte… Car pendant plus d’un an, elle a reçu 4 à 5 lettres par semaine particulièrement haineuses et injurieuses. Elle se souvient même d’un lecteur qui lui écrivait sur du papier toilette parsemé de poils. (oupala !!!)

Moi qui viens de recevoir ma toute première lettre très très méchante (alors que je ne suis qu’une illustre inconnue !), j’peux vous dire qu’il faut être sacrément costaud pour encaisser ça !

Au delà du courrier, il y a aussi les rencontres « physiques ». Elle était si fréquemment prise à partie par des lecteurs que son éditeur lui faisait office de garde du corps sur les salons. (d’où l’importance d’en choisir un grand et fort). Bon heureusement, Marie, depuis ton deuxième roman, ta vie a l’air plus calme…

Dans le genre glauquinet, à la sortie de son livre « Viande », Claire Legendre a reçu, je vous le donne en mille… Une barquette de viande (arrivée avariée) dans un colis ! Alors qu’il y a des gens qui meurent de faim ! Elle a également connu le côté fan-très-présent : e-mails d’abord amicaux qui virent à la déclaration, lettres, coups de fil, rencontres inopinées au détour de ruelles près de chez elle ou de son travail… Flatteur ou très pesant ? On est d’accord, flippant !

Dans le genre sournois, Lucia Etxebarria, celle qui a écrit « Amour Prozac et autres Curiosités », a vécu une histoire de « jalousie d’auteur ». Une série de mails injurieux expédiés par trois jeunes femmes sur son blog personnel. Après enquête, il s’est avéré qu’elles n’étaient autres qu’un seul et même écrivain espagnol assez connu dont le troisième roman venait d’être rejeté. Il utilisait ces trois personnages pour critiquer systématiquement ses chroniques, l’injurier ou la descendre.
Et ben, c’est pas joli joli tout ça !

En prime, elle a dû déménager, poursuivie par les assiduités d’une jeune mannequin (oui, une femme !), qui virait au harcèlement.
T’as vraiment la poisse Lucia ! Remarquez, pour ceux qui me connaissent un peu… Vous êtes en train de vous dire…. Avec le bol qu’elle a …

Alors, la vie rêvée des écrivains… Qui n’en veut ?


Ecrivains : des débuts difficiles au brillant avenir de Catherine Cusset

21 septembre 2009

Vous avez remarqué, je ne parle presque jamais de livres, sauf du « futur mien », bien sûr !
Pourquoi ?

1) Parce qu’il y a de nombreux blogs littéraires qui en parlent merveilleusement bien… Au hasard, la lettrine

2) Parce que parler des livres que j’aime, entraînerait inévitablement une dérive vers ceux que je n’aime pas…

3) Et sachant désormais le boulot que ça représente, je n’oserais jamais critiquer le travail des autres même si j’ai détesté (bon, je serai peut-être mauvaise langue une fois ou deux, on ne se refait pas ! Ce jour-là, vous aurez le droit de me taper sur les doigts !).

Mais ce qui m’intéresse, c’est de fouiner un peu pour connaître le parcours de ces écrivains parce que contrairement à ce que pensent les gens, ce n’est pas aussi simple que de s’inscrire à qui veut gagner des millions !
C’est vrai que certains ont le « bol » ou le talent d’écrire un best-seller du premier coup mais pour beaucoup, le chemin est un brin plus sinueux…

Les choses étant dites, mon double, Léa la fouine, s’intéresse aujourd’hui à Catherine Cusset…

catherine cussetBon, là, pas de danger, je ne risque pas de critiquer. Catherine fait partie des auteur(e)s que j’adore et pas uniquement parce qu’elle a des origines bretonnes …

Du « problème avec Jane » (c’est pô moi), en passant par « confessions d’une radine » (encore moins, je suis un panier percé), « jouir » (hum, hum !) et le dernier, « un brillant avenir » (si vous insistez), j’ai -TOUT-aimé !

Mais on parle moins de son premier roman, qu’elle a écrit à 25 ans, à la suite d’un grand chagrin d’amour (ah, les mecs, ça nous fait faire de ces choses ! ).
Au départ, tout va bien puisqu’elle trouve rapidement un gentil éditeur. On imagine sa joie !
Puis rien… Le conte de fée s’écroule comme un soufflé au fromage sorti trop tôt du four !
Pas de critiques (bonnes ou mauvaises) dans la presse, la rencontre n’a pas lieu, à peine 200 exemplaires vendus.
Et encore, Catherine soupçonne sa mère d’en avoir acheté 199. L’autre, c’est moi !

En aparté: petit message personnel pour ma mère.
Maman,
j’espère que tu commences à mettre un peu de sous de côté parce qu’après un rapide calcul , si je veux vendre 500 exemplaires (histoire de ne pas être trop ridicule par rapport à Catherine), ça nous fait:
19€ X 500=9500€
Oui, je sais c’est une somme rondelette ! Rassure-moi… Tu ferais bien ça pour ta fille chérie ?
Ce message vaut aussi pour mes amis ! Si vous voulez un exemplaire dédicacé, il faudra vous le payer !
Fin de l’aparté

Bref, elle a mis 5 ans à se remettre de tout ça et à publier un autre roman… Beaucoup auraient jeté l’éponge et un rien aigris, seraient devenus critiques littéraires (oups ! oui, j’ai senti la tape sur les doigts).
Mais quand on imagine ce à côté de quoi elle aurait pu passer, ben… C’eût été trop bête !

Morale de l’histoire …
Primo : la persévérance ça paie !
Secundo : mieux vaut que je me colle au tome 2 dans la foulée, parce que dans cinq ans, je me connais, j’aurai perdu le fil…
Tertio : les grandes qualités que doit posséder un écrivain (bien avant le talent et tout et tout) sont un moral d’acier, une patience à toute épreuve et … P’t'être avoir un peu de sous de côté …


Nicole de Buron, mon cœur, ce ne serait pas un peu de ta faute tout ça ?

15 septembre 2009

nicole_de_buron2Comme je le souligne dans ma petite présentation, je suis une fan inconditionnelle de Nicole de Buron…

Je l’ai découverte en 1985 avec « Qui c’est ce garçon ? ». J’avais 12 ans à l’époque. Ce petit livre trônait au milieu de la bibliothèque de ma mère et j’avais in-ter-dic-tion d’y toucher. « C’est pas de ton âge ! », pfffff !
Je ne sais plus bien comment c’est arrivé mais à force de le regarder, il est monté dans ma chambre, j’ai bravé l’interdit parental et tourné les pages avec délectation. Je l’ai relu depuis, environ 236 fois…

Son credo : l’humour ! L’humour ! L’humour !

Pour moi, Nicole, tu as inventé un genre, un art de rire jamais égalé…
Tu nous racontes, à la deuxième personne du pluriel (tiens, tiens !), des tranches de vie de ta petite famille, en forçant le trait, ça va de soit ! Et moi, je me bidonne le soir au fond de mon lit ! Le rire, c’est bon pour la santé ! C’est pour ça qu’on a dit de toi que tu devrais être remboursée par la sécu ! Je vote pour cette mesure…

Au fil des ans et des romans, les préoccupations et les thèmes de tes romans ont évolué. Normal ! Les personnages « vieillissent » et toi, Nicole, ben tu gagnes en maturité comme on dit. Non, parce que tu es née en 1929, alors ça nous fait dans les… Oui je sais, c’est pas poli de parler de son âge à une dame, tu me pardonnes ?…
N’empêche que je te rassure, ton style n’a pas pris une ride ! C’est juste vivifiant ou « ça déchire », si tu préfères le langage de nos petits jeunes d’aujourd’hui !

Je me suis toujours promis que je t’enverrais une petite lettre mais tu sais ce que c’est, on remet toujours à demain ce qu’on aurait mieux fait de faire hier… Et puis, je n’ai jamais été du genre groupie. La seule et unique fois où j’ai écrit à une personne connue, c’était François Valéry (oui, je sais ! Mais bon des erreurs, on en commet tous). Tiens, tu te souviens de son duo avec Sophie Marceau ?

 » Dream in blue,
Je rêve en bleu, I dream in blue
Lorsque je pense à vous
C’est entre bleu et blue
Dream in blue,
Je dream en bleu, je rêve en blue
Tout est bleu, all is blue… blue
Ooooohhhhhhh dream in blue »

Bref, je ne sais pas trop ce qui m’a pris ce jour là ! Toujours est-il que j’ai reçu une photo dédicacée par François deux ans après (si, si, j’te jure !), en me demandant « Mais qu’est-ce qu’il me veut ce type là ? »

Alors voilà, comme il faut toujours trouver un coupable, je pense que tout ce qui m’arrive aujourd’hui, c’est quand même un peu de ta faute ! Parce qu’à force de te lire, de fil en aiguille, j’ai eu envie d’écrire …
( Pour l’humour, c’est un don naturel qui me vient d’un vieil oncle du côté de la soeur de ma mère…).
En tout cas, c’est fait, je viens de t’écrire … Et même si tu mets deux ans à me répondre, promis, je ne me dirai pas : « Mais-qui-c’est-donc-cette-Nicole-de-Buron-là ! »

Bien à toi…

Ps: pour ceux qui ne connaissent pas Nicole,  « mon coeur » fait référence à un de ces titres de roman « Mon coeur tu penses à quoi ? »


Portrait d’écrivain, Koh-Lanta de l’édition réussi pour Laurent Boyet

10 septembre 2009

Léa : Heu, on a dû vous la faire souvent mais je ne peux pas résister… Flic ou voyou, vous avez visiblement choisi … Mais entre policier et écrivain, s’il ne devait en rester qu’un ?
Pour ceux qui ne le savent pas, Laurent Boyet est capitaine de police et a déjà publié 2 romans policiers

Laurent Boyet : S’il ne devait en rester qu’un, ce serait l’écrivain.
Parce que « écrire » est pour moi une nécessité, quelque chose de vital comme respirer. Je ne peux passer une journée sans écrire. J’aime mon métier, je l’ai choisi et je l’exerce avec passion. Mais pour écrire, il faut avoir une certaine sensibilité et avec mon métier, elle est très souvent mise à mal.
J’écris tout le temps ou tout du moins, je suis toujours en train d’écrire dans ma tête, de préparer la prochaine page, le prochain chapitre…

Léa : Quel a été l’élément déclencheur, qu’est-ce qui vous a poussé un jour à vous servir de votre plume pour livrer votre premier roman ?

Une histoire personnelle. Il y a, je crois, toujours beaucoup de soi dans un premier roman. Dans le mien, il y avait la volonté d’exorciser une histoire personnelle, de tourner la page !
J’ai toujours eu plus de facilité à dire les choses par écrit. Alors, j’ai écrit. J’ai romancé ma propre histoire. Une sorte de thérapie par l’écrit..

Léa : Vous avez un métier très prenant. Comment faites-vous pour concilier les 2 ? Quelle est votre méthode de travail personnelle ?

J’ai besoin de calme pour écrire. Je ne peux pas écrire dans les lieux publics comme certains. Du fait, j’écris très tard le soir, à partir de 22 heures 30. Car, outre mon travail qui me mobilise durant la journée, il y a aussi ma famille que je ne veux pas délaisser, ma femme et mes trois enfants.

Alors, lorsque tout le monde dort à la maison, je me mets devant mes pages blanches. J’écris avec un stylo, sur une feuille. J’ai besoin de ce contact. J’ai besoin de pouvoir raturer, rayer, froisser, dessiner. Je n’arrive pas à écrire directement sur l’ordinateur. Cela me… bloque. J’écris jusqu’à 01h, 02 heures du matin. Je n’ai besoin que de 4 heures de sommeil, c’est un plus. Je n’ai pas à proprement de plan d’écriture. J’ai l’histoire. Je la garde dans ma tête le temps de la mûrir et quand cela me démange trop, lorsque j’ai trouvé un bon début, et surtout le titre, alors j’écris.

Léa : Racontez-nous votre Koh-Lanta de l’édition

Se faire éditer à compte d’éditeur est un parcours du combattant, c’est vrai. Comme tout le monde, je crois, j’étais certain d’avoir écrit avec mon premier roman le futur prix Goncourt. C’est pourquoi j’ai envoyé mon manuscrit à toutes les grandes maisons d’édition parisiennes. Mon salut ne pouvait passer que par elles et je n’imaginais pas alors qu’il puisse y avoir une autre vie éditoriale ailleurs qu’à Paris. Mais, j’ai vite déchanté. Après plusieurs semaines d’attente, j’ai reçu des lettres très gentilles au demeurant mais, quasiment toutes identiques et toutes négatives. Ecrire a toujours été important pour moi, mais me faire publier aussi. Pas par appât d’un quelconque gain, juste pour le plaisir de partager…

Puis, dans le cadre de mon travail, j’ai été muté à Perpignan, où je vis aujourd’hui. J’ai découvert alors qu’il existait de petites maison d’édition très actives, avec de beaux catalogues. Le hasard des rencontres a fait le reste.

Léa : Vous êtes publié chez un “petit” éditeur (ça n’a rien de péjoratif). Quels sont, selon vous, les plus et les moins par rapport à des poids lourds comme Grasset ou Calmann-Levy ?

Les moins sont évidents : il s’agit d’un problème de distribution. Même si mon éditeur est très bien diffusé sur le pourtour méditerranéen, il est difficile de trouver mon roman dans d’autres librairies, sans passer par une commande. Et, pour commander, il faut d’abord en avoir entendu parler.

Côté plus, je dirais qu’on n’est pas un auteur anonyme, livré à soi-même. Mon éditeur m’accompagne. A partir du moment où mon manuscrit est validé par le comité de lecture, il y a un véritable travail pour faire ressortir le meilleur du roman, sans pour autant perdre son âme. C’est un travail de réécriture qui est passionnant. L’oeil de l’éditeur est souvent juste et ses conseils me permettent de garder le ton, le style de mes romans jusqu’à la fin.

Léa : Un troisième roman en cours, une adaptation au cinéma… Peut-on en parler ?

Je suis justement en phase de retouche de mon troisième roman. C’est une histoire d’amour très forte, très puissante, très émouvante enfin… je crois. Le roman s’intitulera « Perpignan, mon amour… ».
Au cinéma, cela devrait s’appeler « Barcelone, l’année dernière ». J’emploie le conditionnel car tout est très long dans ce milieu. Cela fait dix mois que l’on m’a proposé d’adapter mon premier roman policier. Mais, les montages financiers sont de plus en plus difficiles à réaliser. Et désormais, les droits d’adaptation sont achetés une fois le montage effectué.
Les choses semblent aller plus vite pour ce troisième roman et j’en suis ravi. Je ne prends pas cela comme une consécration, ni comme un aboutissement mais plutôt comme une expérience formidable.

Léa : Si on parlait gros sous ? C’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France ?

Je crois qu’il est très difficile de vivre de l’écriture. Seule une poignée d’auteurs ont cette chance. L’argent n’est pas tabou pour moi. Je touche 10 % du prix de vente hors taxe pour chaque exemplaire vendu. Mes romans étant vendus à 9 euros je touche donc… 0.70 centimes d’euros. C’est inadmissible que celui qui fournisse la matière première soit celui qui touche le moins, loin, bien loin derrière les distributeurs et l’éditeur. Cela ne peut pas me permettre de vivre, juste d’améliorer un tout petit peu mon ordinaire…

Léa : Enfin, si vous deviez vous réveiller demain matin et que votre plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?

Et bien justement, faire partie des chanceux qui peuvent vivre de ce qu’ils écrivent. Me lever le matin et me dire « tiens, qu’est-ce que je vais écrire aujourd’hui ». M’installer sur ma terrasse, sous le soleil écrasant de ma belle Catalogne et réfléchir à mes prochaines pages… Mais, les rêves sont-ils faits pour être atteints ?

Léa : C’est tout le mal qu’on vous souhaite Laurent… Et merci pour ce partage d’expérience !

Les romans de Laurent Boyet
« Le Rédempteur de la Têt », paru chez Cap Béar Editions en avril 2008
« Le Supplice d’Amélie », paru chez le même éditeur en avril 2009
A paraître « Perpignan, mon amour… », fin d’année
http://www.cap-bear-editions.com/


On gagne tous à être connus…

2 septembre 2009

écrivains à découvrirJe ne sais pas pour vous, mais moi, lorsque j’ai envie de faire quelque chose, j’aime bien échanger avec ceux qui partagent la même passion, connaître leur histoire, leur parcours et leurs erreurs pour essayer de ne pas sauter dedans à pieds joints…

Mais c’est malin une erreur, très malin, tout le monde le sait ! Pour l’éviter, vous êtes souvent obligé d’en commettre une autre et on n’en finit pas…
Enfin… Il paraît que l’expérience, c’est ce qui nous permet de reconnaître une erreur quand nous la recommençons donc no panic, on s’en sortira !

Bref, je m’égare… J’ai donc envie d’ouvrir ma petite porte à de jeunes auteurs qui ont réussi à franchir les innombrables obstacles pour accéder au Mont Publication !

Pourquoi je n’interviewe pas des écrivains célèbres comme Marc Lévy, Amélie Nothomb ou Frédéric Beigbeder ? Ben, p’t'être que je préfère me dire que ces petits auteurs deviendront grands !
Bon d’accord,  c’est aussi parce que je ne les connais pas, ces auteurs à succès !
Marc, si vous me lisez, vous êtes aussi le bienvenu…


Interview d’une jeune auteure : Sidérade ou le parcours du combattant pour publier un roman

2 septembre 2009

Léa Jane: Bonjour Florence… Ou dois-je vous appeler Sidérade ? D’ailleurs, d’où vient votre pseudo ?

florence_boudonFlorence Boudon alias Sidérade :

Bonjour Léa ! Sidérade est un nom d’auteur, c’est d’ailleurs une anagramme de Désirade, dénominateur commun de mes trois héroïnes : Désiradebleue (tome 1), Désiradeblanche (tome 2) et Désiraderouge (tome 3), mais n’y voyez pas de signe politique particulier, c’est juste un hasard ! Le lecteur comprendra…
Pour connaître la génèse du premier pseudonyme « Désiradebleue », la réponse se trouve dans les toutes premières lignes du tome 1.


Léa Jane : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Qu’est-ce qui vous motive ? Quand avez-vous su que vous deviendriez écrivain ?

Ecrivain, je souhaite l’être un jour ! Tout dépend de la définition de chacun. En ce qui me concerne, un écrivain est celui qui parvient à vivre de ses écrits. Mais si un écrivain est une personne qui écrit comme elle respire, alors on peut dire que je le suis devenue ! Rire…
J’ai coutume de répondre à cette question sur la motivation en regrettant de ne pas savoir dessiner ni peindre ni sculpter… Adolescente, j’avais la musique et les mots, il ne m’est plus restée que les mots.


Léa Jane : Avez-vous une méthode particulière pour écrire… Vous savez ces petits trucs d’écrivain : ne rien écrire pendant un an et s’enfermer pendant un autre comme Beigbeder ou plus scolaire, tous les jours de 8 heures à 12h et de 14h à 18h, sur un cahier à spirale ou un mac ultra portable ?

Ah le cahier à spirales ! Si j’étais plus courageuse, j’adorerais commencer par là, en effet, on ressent les hésitations, les recherches à la vue des ratures et autres corrections. Le cahier me permettrait ce bonheur de pouvoir écrire partout, dans un pré, au bord d’un ruisseau, en haut d’une montagne, mais non.. Je suis davantage conventionnelle, je m’assieds devant mon PC en prenant tout de même soin d’ouvrir ma fenêtre sur le jardin.
Au début, je saisissais sur le clavier en prononçant les phrases à voix haute ce qui me permettait de repérer les éventuelles répétitions et surtout de percevoir la musicalité des mots. Cette méthode en live m’évitait de devoir le faire à la relecture. Aujourd’hui je n’en ai plus besoin.

Lorsque les vannes s’ouvrent, il m’arrive de me lever à cinq heures du matin et d’écrire six à sept heures d’affilée en perdant toute notion de la réalité, jusqu’à souffrir de crampes dans les avants-bras ! Et d’autres jours où je n’écris pas une ligne, ça ne m’inquiète pas. J’ai l’impression que ce n’est même pas moi qui décide ! Rires…

Léa  Jane : Pouvez-vous nous raconter en quelques mots votre parcours du combattant pour trouver un éditeur ? Vous êtes aujourd’hui publiée par les Editions du Manuscrit, quelle est leur particularité ?

Au tout début, j’écrivais pour moi. Pour laisser une trace des aventures rocambolesques que je vivais au quotidien. Au moins pour ma fille, pour qu’un jour elle sache. C’est la raison pour laquelle j’avais choisi d’utiliser un pseudonyme : pour être plus libre dans mes écrits.

Un jour, sur un chat de rencontres, j’ai dialogué avec un écrivain (un vrai…) dont je tairais le nom (…) et qui m’a demandée de lui envoyer un extrait par mail, juste pour me permettre d’obtenir un avis désintéressé et franc de la part d’un professionnel. Le lendemain, il me proposait de m’éditer pour le Noël suivant et me demandait de respecter le format A4, 100 pages maximum, etc… Il a eu l’ouvrage un mois plus tard. Mais il n’a jamais monté sa maison d’édition !!

Cependant le ver était dans le fruit : je venais d’envisager l’éventualité d’être publiée. La course aux grandes maisons d’éditions conventionnelles aura duré cinq ans. En vain, bien entendu. Et puis, un beau matin, de guerre lasse, une publicité dans le journal Métro présentait les Editions du Manuscrit, j’ai tenté, j’ai été retenue !
Je n’étais pas préparée à ce style d’éditions « à la demande ». J’ai dû également apprendre à vendre moi-même et seule. Mais si j’avais su que ce roman était le début d’une telle remise en question et de tant de renoncements et d’apprentissages sur moi-même, ……et bien, j’y serais allée quand même !!

Léa Jane : Aujourd’hui, vous écrivez, vous vous chargez de votre auto promo. Vous êtes également coach émotionnel et écrivain public. Vous êtes wonderwoman ou quoi ? C’est quoi votre wonder-journée type ?

Wonderwoman… j’aimerais bien !! C’est gentil Léa, mais non, je ne pense pas. En revanche, comme vous avez pu le voir dans la question précédente, tout ceci m’a permis d’apprendre seule les rouages et les codes de la vente directe. Alors pourquoi pas le mettre au service d’autrui ??
Le chemin était tout tracé mais je ne l’ai compris qu’en me retournant.

J’ai suivi en parallèle des formations de développement personnel et toujours mue par le même sentiment de partage, j’ai décidé d’en faire profiter les autres : je me suis installée en tant que coach émotionnel. Puis, la réussite venant à ma rencontre, j’ai utilisé les histoires de mes clients avec leur accord bien entendu, pour écrire le tome 3. Vous pourrez très vite constater au fil des trois opus à quel point les héroïnes et leur auteur ont mûri ! Enfin, j’espère….

Aujourd’hui, la suite logique de mon parcours est l’écriture de biographies pour le particulier, le personnage public, l’artiste, etc…
En ce qui concerne la journée type : il n’y en a pas, comme vous pouvez le deviner aisément ! Mais cette fois-ci, c’est moi qui ai voulu les choses ainsi !

Léa jane : Aujourd’hui, est sorti le second tome de votre trilogie “@Désideradeblanche”. C’est quoi le thème ?

Le thème est celui d’une femme de quarante ans qui a beaucoup appris sur elle-même à travers ses rencontres sur internet, qui a repris pied dans la vie, qui a acquis une certaine forme d’autonomie et surtout qui n’a plus peur de rien.
Vous savez, Léa, c’est la peur qui paralyse les gens. Je le vois en coaching. Si vous parvenez à éradiquer cette émotion-là, l’Univers entier s’ouvre devant vous par magie !
Et dans le tome 2, la vie va placer brusquement l’héroïne devant un choix fondamental : retourner vers le vide par lâcheté ou tout risquer sur un coup de dés pour pouvoir réussir.
A votre avis, que va-t-elle décider ?


Léa Jane : Vos projets pour le futur ? Un 3ème tome. Et après, avez-vous déjà d’autres idées de thème de roman ? Pensez-vous qu’un écrivain soit prisonnier d’un style ou est-il possible d’effectuer un virage à 360 ° ?

Le troisième tome est achevé. Mon entourage est en train de le relire, leurs réactions sont surprenantes : vous verrez, l’héroïne a gravi les échelons de la prise de conscience, les clefs de la réussite suprême sont dans sa main. J’en profite pour prendre position moi aussi et livrer au lecteur ma propre vision du monde, mes valeurs, mes fondamentaux. Je crois que c’est ce qui fait la différence avec les deux autres tomes !

Sortir d’un style ? Oui, je comprends ce que vous voulez dire. Je savais que ce tome 3 serait le dernier de « l’Aventurière du net » puisque j’avais décidé d’une trilogie dès le début. Je l’ai donc particulièrement ciselé, finement décoré. J’ai mis trois semaines à le quitter vraiment, trois semaines de vide total, d’errance sans but dans la journée… Et puis un matin, la page était tournée, si je puis dire. C’est aussi une étape de ma vie qui s’achève. Il était temps !

Aujourd’hui, je bouillonne, tout m’est permis, je vais jouer avec les émotions de mes clients, emprunter le chemin de la science fiction toujours munie d’un fil rouge policier… Le ton sera donné par le tome 3. Le plus dur sera de trouver un nom inédit pour mon héroïne ?! A moins que ce ne soit un héros ?

Léa Jane : C’est tabou ou on peut parler “petits sous”, combien vous rapportent vos écrits aujourd’hui ? Pensez-vous qu’il soit possible en France de vivre de l’écriture (à part Beigbeder, Nothomd, Levy & co) ?

Alors là, Léa, je vais être tout à fait honnête et faire grincer quelques dents, mais vous aurez compris que je n’ai pas de langue de bois : à ce jour, je n’ai touché aucun euro !!
Je ne sais pas où sont les droits d’auteur…. J’ai beau réclamer, je ne sais pas où ils sont passés, on ne peut même pas me donner un chiffre exact d’exemplaires vendus !
Tout ceci explique pourquoi je reprendrai les rennes en mains dès 2010 en montant ma propre maison d’édition.

En revanche, la rédaction des biographies est tout à fait rentable, à condition de tenir le rythme.
Vivre de son écriture en France sera pour moi alors possible, mais par ce biais-là.

Léa Jane : Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Si je dois formuler un vœu, un seul, ce serait d’avoir la chance d’écrire pour la télévision. Si j’étais scénariste, je ne ferais pas grève !! Est-ce que l’équipe de Marc Cherry recrute en ce moment ?? Rires.

Et puis finalement, je vais formuler un second vœu : voir avant ma mort une adaptation de « l’Aventurière du net » au cinéma. Mais peut-être est-ce trop prétentieux…

Léa Jane : Prétentieux ? Non, pas du tout ! Tous les auteurs en rêvent mais peu osent le dire…
Merci Sidérade !
Pour en savoir plus :
www.siderade.net