Rencontre avec l’écrivain Sophie Adriansen : six façons de le dire

J’ai rencontré Sophie Adriansen sur le net il y a 2 ans (ou 3 ? Le temps passe si vite…) Depuis, il y a eu de vraies rencontres et nous suivons nos parcours respectifs, échangeons sur le petit monde de l’édition… Elle a publié "Je vous emmène au bout de la ligne" aux éditions Max Milo, "Six façon de le dire" aux éditions du moteur et a toujours plein de projets en tête. Je vous laisse la découvrir…

Ton envie de devenir écrivain… Elle vient d’où, ça remonte à quand ?

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, elle a toujours été là, s’exprimant par les rédactions que j’aimais entreprendre dès que la consigne en avait été donné, puis entendre lire tout haut par la maitresse, des concours d’écriture pour enfants, des cahiers entiers noircis façon journal intime. C’est que le goût des livres, aussi, a toujours été présent, j’ai grandi entourée d’ouvrages en tous genres, et tout cela est très lié, la lecture nourrissant l’écriture, les mots donnant envie de lire toujours plus et d’écrire encore davantage…
Mais en réalité, c’était une envie d’écrire plus que de devenir écrivain. Parce qu’être écrivain a longtemps été pour moi quelque chose d’abstrait, puisque personne autour de moi ne semblait écrire et encore moins dire qu’il aimait cela. Je me taisais aussi, et je l’ai fait longtemps. A présent, je l’assume complètement !

As-tu une méthode particulière pour écrire ? Des petits trucs d’écrivain…

Je n’ai besoin ni d’un environnement particulièrement, ni de mise en condition quelconque pour écrire. Calme ou agitation, intérieur ou extérieur, tout me va. En revanche, je ne me lance dans l’écriture que lorsque tout est très clair et parfaitement dessiné dans ma tête. Cela ne veut pas dire pour autant que je suivrai à la lettre ce plan imaginaire, mais il me rassure, c’est mon fil d’Ariane. Et puis, comme beaucoup d’autres, j’ai toujours avec moi de quoi noter, pour consigner une expression, figer un dialogue, saisir une idée en vol… C’est mon meilleur rempart contre le manque d’inspiration !

Peux-tu nous raconter ton Koh-Lanta pour trouver un éditeur ?

Mon Koh-Lanta n’en a pas véritablement été un. Lorsque j’ai eu terminé, avec Rodolphe Macia, la première version de « Je vous emmène au bout de la ligne », j’ai spontanément pensé à Max Milo, parce que je connaissais leur production et qu’il me semblait que ce livre trouverait parfaitement sa place dans cette maison. Ils ont effectivement été intéressés tout de suite. Quant à ma participation à « Six façons de le dire », un recueil qui regroupe des textes de David Foenkinos, Mercedes Deambrosis, Christophe Ferré, Nicolas d’Estienne d’Orves et Yasmina Khadra aux côtés de mon histoire courte, c’est l’éditrice des Editions du Moteur, Emilie Frèche, qui m’en a fait la proposition par une journée d’hiver que je ne suis pas près d’oublier. Même si je recherche en ce moment un éditeur pour mon premier roman, je dois reconnaître qu’il y a pire, comme parcours du combattant…

Si on parle gros sous, c’est tabou ? Peut-on vivre de l’écriture en France…

Vivre des livres (c’est-à-dire des à-valoir, droits d’auteurs, droits d’adaptation, traduction, éditions poche et club, etc.) n’est envisageable que lorsque les publications se vendent à plusieurs milliers d’exemplaires chaque année. C’est donc, en France, réservé à un cercle d’écrivains assez restreint. En revanche, vivre de l’écriture est tout à fait possible, car celle-ci est un arbre aux branches aussi nombreuses que diversement lucratives : écriture journalistique et piges, animation d’ateliers d’écriture, nègre pour personnalités ou pour particuliers, collaboration littéraires en tous genres… Malgré tout, il persiste cette idée, pour ceux qui sont éloignés du monde des livres, qu’en écrire rend riche, et instantanément ! Il suffit pourtant de rappeler que l’auteur est, de tous les acteurs de la chaîne, celui qui touche le moins (entre 5 et 15¨% du prix de vente de l’ouvrage en moyenne, versés souvent 18 mois après parution) pour casser le mythe…

Ton actu littéraire, tes projets…

J’ai en permanence un texte « sur le feu ». Mais j’en varie la nature en intercalant des projets courts parmi d’autres plus longs. Les nouvelles, par exemple, sont de très bons exercices, qui me permettent de tester des choses sur le fond comme sur la forme. Deux d’entre elles ont été publiées cette année dans des revues (revue Dissonances en mai et revue Pr’Ose ! en septembre), une autre sera au sommaire de la revue Bordel à paraître en janvier 2012.Je viens d’achever un roman, et j’avais auparavant recueilli un témoignage, qui devrait paraître au début de l’année prochaine.

Enfin, si tu devais te réveiller demain matin et que ton plus grand rêve soit exaucé, ce serait quoi ?

Le respect des droits de l’homme partout dans le monde… Mais j’imagine que ça n’est pas exactement le sens de ta question ! J’aimerais, comme beaucoup de ceux qui écrivent, commencer chaque fois un roman avec sérénité, en sachant que quelqu’un s’en soucie, avec les moyens de m’y adonner à fond, sans autre pression que celui de mon propre rythme, et l’assurance qu’un public sera au rendez-vous.Mais déjà, le plaisir que me procure l’écriture, ainsi que les retours de lecteurs, exaucent un partie du rêve !

Pour en savoir plus sur Sophie, consultez le site dédié à "Je vous emmène au bout de la ligne" ou le blog littéraire qu’elle anime et qui est d’ailleurs en lice pour le grand prix ELLE des Blogueuses.

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Une réponse à Rencontre avec l’écrivain Sophie Adriansen : six façons de le dire

  1. Sophie dit :

    Merci beaucoup M’dame pour cette interview qui m’a beaucoup plue !

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