Editer un roman : quelques chiffres…


Lorsqu’on livre un match difficile, il faut toujours s’intéresser au terrain sur lequel on va jouer…

Dans le monde de l’édition, voici quelques chiffres intéressants que j’ai pu glaner ici ou là (et notamment sur le site de Marc Autret) :

Qui veut écrire un roman ?

On dit qu’1,5 millions de Français auraient au moins un manuscrit dans leur tiroir ! Et qu’un Français sur 5 rêve de devenir écrivain.
Alors 1) Je suis déçue parce que je ne pensais pas avoir le rêve de Madame toute le monde !
Et 2) Quand je pense au regard dédaigneux des gens lorsque gamine, j’annonçais que j’allais passer un bac Littéraire et non le sacro-saint bac scientifique, c’est assez rigolo !

Combien de manuscrits reçoivent les éditeurs ?

Un éditeur peut recevoir entre 100 et 8000 manuscrits par an. Bon, plus un éditeur est grand et plus il en reçoit… La moyenne étant de 1300 par an.
On comprend mieux que certains ne lisent pas tout, même si c’est regrettable, on est bien d’accord !
Le taux de rejet ? C’est là que vous allez hurler : 98% (chez les grands éditeurs)
Et oui, les futurs écrivains sont des fous !

Quel est le tirage d’un premier roman ?

Les chiffres sont très disparates en fonction des maisons et du potentiel de vente que représente votre livre. Aujourd’hui le premier tirage moyen chez un grand éditeur semble tourner autour de 3000 exemplaires. Il tombe à 300 ou 500 chez un petit éditeur. Trouver votre livre dans toutes les bonnes librairies devient alors très compliqué !
En plus, il ne faut pas confondre tirage et ventes réelles ! Et oui, les invendus de votre chef-d’œuvre reviendront à la case départ voire au pilon. La mise à mort, quoi !
Il n’empêche qu’avec un bon accueil de la presse et un buzz du tonnerre, votre petit livre peut connaitre de nombreux retirages…

Combien gagne un écrivain ?

Les droits d’auteurs sont d’environ 10% du prix de vente hors taxes du livre. (soit entre 1 et 1,5 euros par livre). Pour atteindre le smic, vous devez donc vendre entre 8000 et 12000 livres par an.
Bon, c’est sûr, si vous sortez un best-seller vendu à 1 million d’exemplaires, vous êtes à l’abri pour un moment… Sinon, on comprend pourquoi il est effectivement difficile de vivre de sa plume !

Heureusement que le père-Noël existe…

Et que certains chiffres vont rêver !

Marc Levy, toujours en tête, avec 1,5 millions d’exemplaires (chiffres 2008)

Guillaume Musso : 1, 3 millions d’exemplaires

Fred vargas : 1 million d’exemplaires

Anna Gavalda : 1 million d’exemplaires

Amélie Nothomb : 734000 exemplaires

Katherine Pancol : 696000 exemplaires

Eric-Emmanuel Schmitt : 496000 exemplaires

Muriel Barbery : 400000 exemplaires

Alors dans ma lettre au père-Noël, je commande un best-seller pour cette année, un autre pour 2012, puis 2015… Et après, on verra !

5 réponses à Editer un roman : quelques chiffres…

  1. Berluck dit :

    Eh oui, on ne vit pas de sa plume mais grâce à elle, seulement, me plais-je à dire souvent. Les auteurs médiatiques cités ci-dessus ne sont pas meilleurs écrivains que tant d’anonymes perdus dans la jungle littéraire, mais ils ont eu simplement de la chance. Et puis le vrai écrivain, inspiré, qui puise au fond de ses tripes, est-il celui qui écrit sur commande ?…
    Phil

  2. Annette dit :

    Bonjour,
    C’est vrai que c’est énervant de voir que seule une poignée d’auteur parvient à vivre de sa plume.
    Mais ces auteurs, avant de devenir médiatiques, ne faisaient-ils pas partie de cette jungle d’anonymes qui ont puisé au fond de leurs tripes pour sortir (au moins)leur premier roman ?

    Après c’est une conjugaison de talent, travail, chance et rencontres qui font le succès de ces auteurs.

    Une fois célèbre ou du moins inséré dans le circuit, on attend effectivement d’eux qu’ils écrivent d’autres livres. Peut-on appeler ça écrire sur commande ?
    On leur demande juste de faire ce pour quoi ils se sont battus, de vivre leur passion… Alors pourquoi le prendraient-ils comme une contrainte ?

    Bien à vous
    Annette

  3. Berluck dit :

    Merci. Bien sûr qu’une grande partie des écrivains étaient sûrement au départ d’illustres inconnus, mais j’ai du mal à croire que les Nothomb, Beigbeder, Justine Lévy (fille de…) et j’en passe soient tombés du ciel et aient à se battre chaque jour pour manger… :-) Pour moi, un écrivain est avant tout quelqu’un qui a quelque chose (d’intelligible, de nécessaire, d’innovant) à dire, à crier, à dénoncer. Ce que font beaucoup. Quelqu’un tourné vers les autres. Qui a une utilité sociale, en quelque sorte. Ce n’est pas un pipole, qui aime à se montrer sur les plateaux de télé. C’est sûrement mon côté révolté, parfois excessif, qui me fait parler ainsi – car là, je n’écris pas, je parle – mais c’est tellement vrai…

  4. Annette dit :

    Je suis d’accord Phil :-) ))
    Dans tous les domaines, tout est plus facile quand on a un réseau, des parents nés avant nous, de l’argent…
    Je regardais hier Marc Levy chez Ardisson. Il racontait comment sa soeur avait “apporté” son manuscrit chez son éditeur. Et Suzanna Léa était là…
    Ce que je veux dire, c’est juste qu’au départ, il a bien fallu qu’on le juge “bon” son roman pour qu’il devienne ce qu’on connait.
    Pour Justine Levy, c’est clair qu’elle a bossé dans plusieurs maisons d’édition avant, qu’elle a un papa célèbre et une histoire d’amour fichue en l’air par Carla Bruni. L’éditeur savait qu’il pourrait capitaliser sur tout ça pour vendre ses livres !
    Moi aussi j’ai envie de devenir écrivain. Pas forcément célèbre mais ne pouvoir faire que ça juste parce que c’est ma vie !
    Mais je ne veux pas tomber dans le côté artiste maudit ou incompris. Si j’ai du talent, je trouverai bien un éditeur et des lecteurs. Sinon… Peut-être que je n’étais pas faite pour ça.
    En choisissant une vocation artistique, je savais que le chemin serait semé d’embuches.
    Bonne chance à toi ! Il faut s’accrocher !
    Annette

    • Berluck dit :

      Tous les (dé)goûts sont dans la nature. Personnellement, en bon amoureux ou plutôt “humoureux” des mots, je dirais que je préfère Justine à Carla, mais je préfère la soeur de celle-ci au père de celle-là. Et l’autre fils à papa de philosophe de France Culture, encore un qui me gaverait volontiers et à qui je distribuerais gentiment des baffes :-) .

      Pas de problème, j’avais bien compris tes propos et adhérais à ta pensée. Bon, l’essentiel est que chaque écrivain de l’ombre comme nous trouve du plaisir à exercer sa passion qui, au fond, n’a rien à voir avec une quelconque notoriété et le fait d’être publié. Le pire, c’est que je n’ai jamais vraiment essayer d’entreprendre une telle démarche (la publication). Nous publierons un jour, sous une forme ou sous une autre. Merci pour ces échanges fructueux. Bonne chance aussi et à bientôt. Phil

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