Les éditeurs lisent-ils les manuscrits ?

manuscritsPetit conseil aux âmes sensibles titillées par l’envie d’écrire l’œuvre de leur vie…

Ne lisez pas les blogs d’auteurs qui cherchent un éditeur !
Oui, je sais ce que vous êtes en train de vous dire : ben, qu’est-ce qu’on fait là alors ?

Ce que je veux dire, c’est qu’il vaut mieux avoir pondu votre chef-d’œuvre avant, et aller lire le témoignage de ces potentiels primo-romanciers après…
Primo-romancier, c’est rigolo comme terme, je trouve ! Ça me fait penser à ma grossesse, lorsque la sage-femme m’a demandé si j’étais une primipare. Remarquez, il y a des similitudes entre les deux. Une longue gestation, une sortie qui peut être douloureuse mais la magie de l’instant qui fait oublier le reste.
Bref, si on ne suit pas ce conseil, le risque est tout simplement d’être découragé avant d’avoir écrit une seule ligne (ça vaut aussi pour l’accouchement !).

Les éditeurs lisent-ils les manuscrits envoyés par la poste ?
Est la question qui revient le plus souvent sur les blogs des presque futurs  auteurs.
Et la réponse qui tombe inexorablement est NON.

Que doit-on en penser ?
Que les auteurs qui se sont vu refuser un manuscrit préfèrent se dire qu’ils n’ont pas été lu plutôt que de penser qu’ils sont tout simplement “mauvais” ?
Qu’ils ne rentrent pas dans la ligne éditoriale de la maison d’édition ?
Que les éditeurs savent en un coup d’oeil, ce qui sera ou ne sera pas le best-seller de l’année, juste en regardant l’enveloppe, en la passant sous un pendule ou dans les mains d’une extralucide ?

Je ne vous donnerai pas la réponse :  je suis quasi vierge dans ce domaine et ne connais absolument pas les pratiques de ce milieu !
Mon optimisme légendaire me fait dire que sans doute, comme partout, il y a certaines dérives, mais qu’il doit bien exister des éditeurs qui font sérieusement leur métier !
Je travaille souvent dans le domaine du recrutement. Pour le parallèle, c’est un peu comme si je jetais tous les CV des candidats ! Mais, sans toutes ces heures passées à dépouiller des candidatures qui ne correspondent pas au poste, à lire des lettres de motivation sans aucune originalité et truffées de fautes, comment puis-je trouver la perle rare ?

Bon, ça c’est mon p’tit  côté idéaliste…
Dans la réalité, il y a aussi une présentation et un manuscrit que j’ai envoyé samedi 31 Octobre 2010…
Et la réponse que j’ai reçu par mail lundi 2 Novembre 2010…

Vous nous avez envoyé un manuscrit il y a un mois. (OUPS !)
Nous avons le regret de vous informer que nous n’avons pu le retenir, et ceci en dépit de ses qualités. Je pense, comme vous le souligniez dans votre présentation, que l’emploi de la deuxième personne alourdit le propos, ce qui est dommage.
En vous remerciant par avance de votre confiance et de votre patience.

Bon, pour la patience, ça ira ! Réponse dans les 24h00 pour une grande maison, c’est pas mal … Qui a dit qu’il y avait des tonnes de manuscrits en attente ?
Pour le reste, j’aurai appris une chose de cette première expérience : n’indiquez rien dans votre présentation qui puisse permettre  de vous envoyer une réponse “personnalisée” sans vous avoir lu.

8 réponses à Les éditeurs lisent-ils les manuscrits ?

  1. bullesdinfos dit :

    On notera qu’entre le 31 octobre et le 2 novembre… il y a le 1er novembre soit un jour férié donc qu’en penser ? Que cette maison d’édition est particulièrement performante ? Je n’en suis pas si sûre ;-)

  2. Anne dit :

    Bonjour,

    Alors moi, il m’est arrivé quelque chose d’encore plus risible. J’ai envoyé un mail à l’ensemble des reponsables éditoriaux des maisons d’édition que j’avais ciblé pour leur demander un nom pour adresser mes manuscrits. A la place, j’ai eu un NON direct !
    Nous sommes désolés mais n’avons pu retenir votre manuscrit malgré ses qualités… Mais je n’avais rien envoyé !
    Moi ça me fait plutôt peur de voir qu’on bosse comme un acharné sur un manuscrit voué à rester dans un tiroir parce qu’on ne lui donne pas une chance !

  3. philbret dit :

    Je ne connais pas le monde de l’édition, je le découvre comme vous, mais je connais celui de la production télévisuelle pour l’avoir côtoyé quelques années. Je vois que le fonctionnement est le même. D’innombrables scénaristes essuyaient des refus en proposant leurs scénarios et ne comprenaient pas pourquoi la télé passe des navets alors qu’ils proposaient le scénario du siècle. Déjà, les producteurs ne lisaient pas les scénarios. Re-belotte donc. La raison est pourtant très simple.

    Un auteur écrit une histoire qui lui plaît, c’est normal, elle lui tient à cœur, il est motivé par cette histoire et le résultat est fabuleux. Toutes les critiques de copains le disent. C’est probablement vrai.

    L’éditeur, comme le producteur à la télé, poursuit un autre but. Son but n’est pas d’éditer une histoire géniale mais de vendre une histoire géniale. Or, ce n’est pas lui qui achète les livres mais le consommateur. Par contre, c’est l’éditeur qui avance l’argent. Si ça ne se vend pas, c’est pour sa pomme. Un livre de 288 pages, sans illustration coûte 7 euros pour 100 exemplaires. Pour que l’éditeur rentre dans ses frais et que vous touchiez au moins 1 euro par livre, il doit le produire en dessous de 4 euros et pour cela en éditer au minimum 3000. Il doit donc investir 12000 euros. Encore faut t’il qu’il vende les trois mille exemplaires. L’éditeur poursuit deux buts une histoire et une vente. Et là où ça coince souvent entre éditeurs et auteurs, comme entre producteurs et scénaristes, c’est que les auteurs écrivent pour eux mais pas pour le public.

    Les éditeurs passent la plupart du temps des commandes à des auteurs qu’ils connaissent, dont ils savent qu’ils vont vendre sur le noms de l’auteur. Quand Douglass Kennedy sort un livre, c’est sûr que ça se vend, même si c’est nul à chier. Comme un auteur connu n’écrit jamais vraiment du nul à chier, il est sûr de passer. Pour les débutants, c’est considéré pour l’éditeur comme de l’investissement, un peu comme pour la recherche dans les milieux scientifiques. On dépense sans trop savoir si ça va rapporter. Les éditeurs le font et en font un honneur de le faire mais ils attribuent à cette ligne comptable un budget en fonction de leurs moyens.

    C’est la première édition qui est la plus dure. Après ça va tout seul. Ou presque.

  4. annie dit :

    ok..si je comprends bien …pour être auteur “édité” il faut être aussi chasseur de tendances..tout comme ces photographes qui chassent les immeubles de New York ou de paris pour qu’ ils ornent les murs de nos salons actuels? Alors Lea …ne t ‘inquiètes pas…appelle-moi..ai quelques idées …

  5. Yano dit :

    Euh moi aussi , je cherche un éditeur pour un futur proche. Donc vos discussions et idées m’intéressent.
    Sinon, on peut vivre de l’écriture , décemment.
    ça rapporte vraiment un roman ? de quel ordre’
    I wonder
    Yano
    http://lemondeenquestions.wordpress.com/

  6. leajane dit :

    Bonjour Yano,

    Si je vais être éditée ? Il est encore trop tôt pour le dire !
    Pour ce qui est de vivre de l’écriture, peu d’élus ont cette chance ! En France notamment, soit tu fais partie de cette poignée d’auteurs qui cartonnent, soit tu n’en vis pas. Point de juste milieu :-) D’après ce que je peux en lire en tout cas. Peut-être la littérature jeunesse fait-elle exception.
    C’est de toute façon le cas de toute passion artistique.
    Mais si c’est un rêve, il faut se battre pour y arriver !
    Léa

  7. dumbo dit :

    réponse en 24h= pipeau
    ce sont des formules toutes préparées grâce à la lecture en diagonale.
    C’est pas l’éditeur qui a lu le manuscrit mais un de ses assistants

  8. Aerobo dit :

    Les Éditions de Fallois avouent explicitement qu’ils ne lisent plus les manuscrits reçus par la poste :

    http://refusdediteurs.webs.com/editions_de_fallois.jpg

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