Léa Jane: Bonjour Florence… Ou dois-je vous appeler Sidérade ? D’ailleurs, d’où vient votre pseudo ?
Bonjour Léa ! Sidérade est un nom d’auteur, c’est d’ailleurs une anagramme deDésirade, dénominateur commun de mes trois héroïnes : Désiradebleue (tome 1), Désiradeblanche (tome 2) et Désiraderouge (tome 3), mais n’y voyez pas de signe politique particulier, c’est juste un hasard ! Le lecteur comprendra…
Pour connaître la génèse du premier pseudonyme « Désiradebleue », la réponse se trouve dans les toutes premières lignes du tome 1.
Léa Jane : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ? Qu’est-ce qui vous motive ? Quand avez-vous su que vous deviendriez écrivain ?
Ecrivain, je souhaite l’être un jour ! Tout dépend de la définition de chacun. En ce qui me concerne, un écrivain est celui qui parvient à vivre de ses écrits. Mais si un écrivain est une personne qui écrit comme elle respire, alors on peut dire que je le suis devenue ! Rire…
J’ai coutume de répondre à cette question sur la motivation en regrettant de ne pas savoir dessiner ni peindre ni sculpter… Adolescente, j’avais la musique et les mots, il ne m’est plus restée que les mots.
Léa Jane : Avez-vous une méthode particulière pour écrire… Vous savez ces petits trucs d’écrivain : ne rien écrire pendant un an et s’enfermer pendant un autre comme Beigbeder ou plus scolaire, tous les jours de 8 heures à 12h et de 14h à 18h, sur un cahier à spirale ou un mac ultra portable ?
Ah le cahier à spirales ! Si j’étais plus courageuse, j’adorerais commencer par là, en effet, on ressent les hésitations, les recherches à la vue des ratures et autres corrections. Le cahier me permettrait ce bonheur de pouvoir écrire partout, dans un pré, au bord d’un ruisseau, en haut d’une montagne, mais non.. Je suis davantage conventionnelle, je m’assieds devant mon PC en prenant tout de même soin d’ouvrir ma fenêtre sur le jardin.
Au début, je saisissais sur le clavier en prononçant les phrases à voix haute ce qui me permettait de repérer les éventuelles répétitions et surtout de percevoir la musicalité des mots. Cette méthode en live m’évitait de devoir le faire à la relecture. Aujourd’hui je n’en ai plus besoin.
Lorsque les vannes s’ouvrent, il m’arrive de me lever à cinq heures du matin et d’écrire six à sept heures d’affilée en perdant toute notion de la réalité, jusqu’à souffrir de crampes dans les avants-bras ! Et d’autres jours où je n’écris pas une ligne, ça ne m’inquiète pas. J’ai l’impression que ce n’est même pas moi qui décide ! Rires…
Léa Jane : Pouvez-vous nous raconter en quelques mots votre parcours du combattant pour trouver un éditeur ? Vous êtes aujourd’hui publiée par les Editions du Manuscrit, quelle est leur particularité ?
Au tout début, j’écrivais pour moi. Pour laisser une trace des aventures rocambolesques que je vivais au quotidien. Au moins pour ma fille, pour qu’un jour elle sache. C’est la raison pour laquelle j’avais choisi d’utiliser un pseudonyme : pour être plus libre dans mes écrits.
Un jour, sur un chat de rencontres, j’ai dialogué avec un écrivain (un vrai…) dont je tairais le nom (…) et qui m’a demandée de lui envoyer un extrait par mail, juste pour me permettre d’obtenir un avis désintéressé et franc de la part d’un professionnel. Le lendemain, il me proposait de m’éditer pour le Noël suivant et me demandait de respecter le format A4, 100 pages maximum, etc… Il a eu l’ouvrage un mois plus tard. Mais il n’a jamais monté sa maison d’édition !!
Cependant le ver était dans le fruit : je venais d’envisager l’éventualité d’être publiée. La course aux grandes maisons d’éditions conventionnelles aura duré cinq ans. En vain, bien entendu. Et puis, un beau matin, de guerre lasse, une publicité dans le journal Métro présentait les Editions du Manuscrit, j’ai tenté, j’ai été retenue !
Je n’étais pas préparée à ce style d’éditions « à la demande ». J’ai dû également apprendre à vendre moi-même et seule. Mais si j’avais su que ce roman était le début d’une telle remise en question et de tant de renoncements et d’apprentissages sur moi-même, ……et bien, j’y serais allée quand même !!
Léa Jane : Aujourd’hui, vous écrivez, vous vous chargez de votre auto promo. Vous êtes également coach émotionnel et écrivain public. Vous êtes wonderwoman ou quoi ? C’est quoi votre wonder-journée type ?
Wonderwoman… j’aimerais bien !! C’est gentil Léa, mais non, je ne pense pas. En revanche, comme vous avez pu le voir dans la question précédente, tout ceci m’a permis d’apprendre seule les rouages et les codes de la vente directe. Alors pourquoi pas le mettre au service d’autrui ??
Le chemin était tout tracé mais je ne l’ai compris qu’en me retournant.
J’ai suivi en parallèle des formations de développement personnel et toujours mue par le même sentiment de partage, j’ai décidé d’en faire profiter les autres : je me suis installée en tant que coach émotionnel. Puis, la réussite venant à ma rencontre, j’ai utilisé les histoires de mes clients avec leur accord bien entendu, pour écrire le tome 3. Vous pourrez très vite constater au fil des trois opus à quel point les héroïnes et leur auteur ont mûri ! Enfin, j’espère….
Aujourd’hui, la suite logique de mon parcours est l’écriture de biographies pour le particulier, le personnage public, l’artiste, etc…
En ce qui concerne la journée type : il n’y en a pas, comme vous pouvez le deviner aisément ! Mais cette fois-ci, c’est moi qui ai voulu les choses ainsi !
Léa jane : Aujourd’hui, est sorti le second tome de votre trilogie “@Désideradeblanche”. C’est quoi le thème ?
Le thème est celui d’une femme de quarante ans qui a beaucoup appris sur elle-même à travers ses rencontres sur internet, qui a repris pied dans la vie, qui a acquis une certaine forme d’autonomie et surtout qui n’a plus peur de rien.
Vous savez, Léa, c’est la peur qui paralyse les gens. Je le vois en coaching. Si vous parvenez à éradiquer cette émotion-là, l’Univers entier s’ouvre devant vous par magie !
Et dans le tome 2, la vie va placer brusquement l’héroïne devant un choix fondamental : retourner vers le vide par lâcheté ou tout risquer sur un coup de dés pour pouvoir réussir.
A votre avis, que va-t-elle décider ?
Léa Jane : Vos projets pour le futur ? Un 3ème tome. Et après, avez-vous déjà d’autres idées de thème de roman ? Pensez-vous qu’un écrivain soit prisonnier d’un style ou est-il possible d’effectuer un virage à 360 ° ?
Le troisième tome est achevé. Mon entourage est en train de le relire, leurs réactions sont surprenantes : vous verrez, l’héroïne a gravi les échelons de la prise de conscience, les clefs de la réussite suprême sont dans sa main. J’en profite pour prendre position moi aussi et livrer au lecteur ma propre vision du monde, mes valeurs, mes fondamentaux. Je crois que c’est ce qui fait la différence avec les deux autres tomes !
Sortir d’un style ? Oui, je comprends ce que vous voulez dire. Je savais que ce tome 3 serait le dernier de « l’Aventurière du net » puisque j’avais décidé d’une trilogie dès le début. Je l’ai donc particulièrement ciselé, finement décoré. J’ai mis trois semaines à le quitter vraiment, trois semaines de vide total, d’errance sans but dans la journée… Et puis un matin, la page était tournée, si je puis dire. C’est aussi une étape de ma vie qui s’achève. Il était temps !
Aujourd’hui, je bouillonne, tout m’est permis, je vais jouer avec les émotions de mes clients, emprunter le chemin de la science fiction toujours munie d’un fil rouge policier… Le ton sera donné par le tome 3. Le plus dur sera de trouver un nom inédit pour mon héroïne ?! A moins que ce ne soit un héros ?
Léa Jane : C’est tabou ou on peut parler “petits sous”, combien vous rapportent vos écrits aujourd’hui ? Pensez-vous qu’il soit possible en France de vivre de l’écriture (à part Beigbeder, Nothomd, Levy & co) ?
Alors là, Léa, je vais être tout à fait honnête et faire grincer quelques dents, mais vous aurez compris que je n’ai pas de langue de bois : à ce jour, je n’ai touché aucun euro !!
Je ne sais pas où sont les droits d’auteur…. J’ai beau réclamer, je ne sais pas où ils sont passés, on ne peut même pas me donner un chiffre exact d’exemplaires vendus !
Tout ceci explique pourquoi je reprendrai les rennes en mains dès 2010 en montant ma propre maison d’édition.
En revanche, la rédaction des biographies est tout à fait rentable, à condition de tenir le rythme.
Vivre de son écriture en France sera pour moi alors possible, mais par ce biais-là.
Léa Jane : Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Si je dois formuler un vœu, un seul, ce serait d’avoir la chance d’écrire pour la télévision. Si j’étais scénariste, je ne ferais pas grève !! Est-ce que l’équipe de Marc Cherry recrute en ce moment ?? Rires.
Et puis finalement, je vais formuler un second vœu : voir avant ma mort une adaptation de « l’Aventurière du net » au cinéma. Mais peut-être est-ce trop prétentieux…
Léa Jane : Prétentieux ? Non, pas du tout ! Tous les auteurs en rêvent mais peu osent le dire…
Merci Sidérade ! Pour en savoir plus : www.siderade.net

